L'héritage d'Oblivion

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 L'ordre céleste, us et coutumes, condition féminine (Etiquette)

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MessageSujet: L'ordre céleste, us et coutumes, condition féminine (Etiquette)   Mer 23 Juin - 15:32

Conçu par Hantei et Doji, l'Ordre Céleste fixe la place de chaque humain dans l'Empire tel que les dieux l'ont inspirée à leurs enfants. La population de l'Empire, les rokugani, est ainsi organisée en castes et en clans qui tous doivent servir le descendant du premier Hantei.

L'Ordre Céleste est formé de trois castes principales, les trois tiers, que nous allons aborder plus avant dans les pages qui suivent. Ces castes sont :

* la caste des samurai (la noblesse : guerriers, courtisans, prêtres …)
* la caste des heimin (le demi peuple : paysans, artisans, commerçants, manoeuvres…)
* la caste des hinin (le non peuple : amuseurs, bateleurs mais aussi les courtisanes geisha et les eta qui sont chargés des besognes impures)

Nous reviendrons plus loin sur les cas particuliers que forment les moines, les rônin et les étrangers (les gaijin).

I - La Caste des Samurai

La plupart si ce n'est la presque totalité des campagnes de L5A tournent autour de personnages samurai, a priori destinés à devenir des héros si les choses se passent bien pour eux. Nous allons donc nous attacher principalement à définir cette caste puis les autres. Un autre chapitre traitera des us et coutumes sociales plus en détail. Le terme samurai signifie littéralement "celui qui sert" et nous reviendrons souvent sur cette notion cruciale.

Plusieurs signes permettent d'attester de l'appartenance à la caste des samurai.

* le nom de famille : seuls les samurai peuvent prétendre avoir un nom de famille.
* le daisho : ce terme désigne les deux épées du samurai, le katana (épée longue) et le wakizashi (épée courte). Seuls les samurai sont autorisés à porter (et à utiliser) ces armes.
* le mon : le symbole héraldique qui prouve l'appartenance à un clan de samurai. La majorité des familles qui forment les clans et nombre des écoles qui y forment guerriers (bushi), courtisans ou prêtres (shugenja) disposent également d'un mon. Un samurai peut donc arborer le mon de son clan, celui de sa famille et celui de son école le cas échéant.

L'Empereur

L'Empereur actuel est Hantei le 38ème. Si les premiers souverains de l'Empire portaient un nom propre, la tradition veut depuis le 10ème Empereur qu'on les appelle désormais uniquement par leur nom de famille et leur ordre de règne. D'ailleurs, la plupart des habitants de l'Empire disent simplement "l'Empereur" ou "le Hantei" en parlant de leur souverain qui à l'image des précédents maîtres de Rokugan règne, distant et serein, depuis son palais dans la capitale d'Otosan Uchi.

L'entourage proche de l'Empereur est presque aussi important que lui, notamment l'Impératrice et le premier né de la lignée impériale, héritier du trône. Durant son histoire, l'Empire a compté deux Impératrices qui ont régné en tant qu'héritières mais les autres souverains ont tous été des hommes et les Impératrices leurs épouses.

Les Familles Impériales

Lorsqu'un nouvel empereur est couronné, ses frères et soeurs ont coutume d'abandonner le nom de Hantei pour rejoindre les Familles Impériales. Celles ci sont formées des descendants des premiers serviteurs humains des Kami et sont également comme on peut le voir liées par le sang à la lignée impériale. Trois familles se partagent ainsi la parentèle impériale.

Les Seppun sont les descendants de Dame Seppun qui fut la première mortelle à se prosterner devant les Fondateurs. Ils sont célèbres pour leur piété et leur palais, Kyuden Seppun, est considéré comme le centre spirituel de l'Empire. Les Seppun forment également la garde impériale, les bushi (guerriers) de l'école Miharu étant tous issus de leur lignée et considérés comme les guerriers les plus dévoués aux Hantei.

Les Miya descendent d'un jeune héraut qui fut chargé par le premier empereur d'annoncer la victoire des Tonnerres contre Fu Leng dans tout l'empire. Miya fut tellement bouleversé par les ravages de la guerre qu'il décida de porter également secours aux nécessiteux. Ses héritiers sont les émissaires de paix du souverain et apaisent nombre de conflits entre les clans. Ils organisent également chaque année la Bénédiction de l'Empereur, une caravane qui parcourt les terres ravagées par les cataclysmes ou la guerre afin d'aider les populations à reconstruire.

Les Otomo enfin forment les administrateurs et les fonctionnaires de la cour impériale. Bien que l'Empereur puisse nommer des personnes influentes issues des différents Clans à des postes cruciaux, nombre de rouages impériaux sont en fait contrôlés par les Otomo qui veillent à ce que les intérêts des Clans ne soient pas trop imbriqués dans la politique impériale.

Magistrats et Légionnaires Impériaux

L'Empereur est libre de nommer divers notables issus des Clans ou des Familles Impériales à des postes dont il estime qu'ils ont un intérêt pour lui : chancelier, secrétaire, conseillers… mais la tradition veut depuis le premier Hantei qu'un homme soit son champion personnel et son premier adjoint, le Champion d'Emeraude.

Désigné à l'issue d'un tournoi prestigieux incluant des épreuves d'étiquette, de culture et d'escrime entre les plus réputés des représentants de chaque maison de l'Empire, le Champion d'Emeraude est le garant de l'honneur du souverain. Il est donc habilité à le seconder, à le remplacer et à commander ses serviteurs en son nom. Pour faire régner la justice de l'Empereur, le Champion d'Emeraude dispose des Magistrats d'Emeraude, un corps de fonctionnaires recrutés parmi les samurai de tout l'empire. Quelles que soient leurs origines, les Magistrats d'Emeraude sont chargés de veiller à ce que les différents Clans obéissent aux lois du souverain et également de poursuivre certaines catégories de criminels qui menacent l'Empereur, sa lignée ou son Empire.

Les Légions Impériales quant à elle sont formées de guerriers réquisitionnés dans les différents Clans et qui permettent à l'Empereur d'assurer son pouvoir par la force si d'aventure on rechignerait à lui obéir.

Les Clans

Les samurai qui ne sont pas membres de la lignée Hantei ou des Familles Impériales sont regroupés dans les Clans Majeurs et Mineurs. Les Clans Majeurs sont ceux qui furent fondés par les sept frères et soeurs de Hantei.

Les clans majeurs sont :

* Le Crabe (fondé par Hida) qui garde l'Empire contre les hordes venues de l'Outremonde
* Le Dragon (fondé par Togashi) isolationniste, ésotérique et mystérieux
* La Grue (fondé par Dame Doji), versé dans les arts et la politique
* La Licorne (fondé par Shinjo), revenu de huit siècles d'errance avec d'étranges savoirs et dont la cavalerie n'a pas d'égal
* Le Lion (fondé par Akodo), dont les armées et les stratèges sont les plus réputés de Rokugan
* Le Phénix (fondé par Shiba), sans égal sur les affaires spirituelles et magiques
* Le Scorpion (fondé par Bayushi), le Clan des Secrets à la réputation ambiguë

Les Clans Mineurs quant à eux furent créés durant l'histoire de l'Empire dans des circonstances diverses lorsque le souverain de l'époque estimait nécessaire de récompenser un samurai pour ses actes particulièrement remarquables.

Nous traiterons des clans de manière spécifique dans un autre chapitre. Il est cependant nécessaire de savoir grosso modo comment ils fonctionnent.

Chaque clan est comme une nation à part entière avec un territoire, des armées, un gouvernement mais son pouvoir dans la société rokugani découle du droit de l'Empereur. Cela signifie que c'est le souverain qui atteste de son existence et que les terres d'un clan sont en fait celles que l'Empereur lui laisse administrer par délégation.

Stricto sensu, l'ensemble de l'Empire, territoires et citoyens compris, est la propriété exclusive de la personne qui siège sur le Trône d'Emeraude.

Chaque clan est administré par un Champion de Clan. Les clans les plus importants comportent plusieurs maisons, plusieurs familles qui possèdent chacune un chef qui exerce son autorité sur l'ensemble des samurai portant le nom de sa famille. L'Empire est une nation féodale et les seigneurs qui servent les différents Champions de clans sont les Daimyo. Chaque daimyo se voit confier un territoire ou une agglomération dont il est responsable devant son Champion et à travers lui devant l'Empereur.

Les Daimyo et Champions ont également des prérogatives militaires bien que tous les officiers ne soient pas à contrario forcément nantis de terres ou de domaines à administrer. La position de Daimyo est normalement héréditaire de même que celle de Champion de Clan mais la confirmation d'une autorité supérieure est obligatoire pour entériner la nomination d'un nouveau seigneur, le système reposant pour l'essentiel sur la notion de vassalité.

En résumé, chaque clan est composé de samurai qui servent différents seigneurs (Daimyo) qui eux mêmes servent le Champion du Clan qui rend compte à l'Empereur. Bien qu'aucun humain ne soit supérieur à l'Empereur, il est aussi considéré comme un samurai dans le sens ou il "sert" à la fois son immortelle lignée et les Dieux dont elle est issue.

Les territoires des clans sont soumis à diverses lois et coutumes au respect desquelles veille un corps de Magistrats de Clan. Ils sont également en charge de la plupart des opérations de police à l'exception des crimes définis comme relevant de la magistrature impériale (les Magistrats d'Emeraude).

D'une façon générale, la puissance, la démographie et les territoires d'un Clan Majeur sont considérables par rapport à ceux des Clans Mineurs. Bien que tous les samurai qui n'ont pas de fonction particulière ou de grade spécifique soient théoriquement membres de la même caste, ceux qui sont issus des Clans Majeurs liés aux fondateurs de l'Empire bénéficient d'un prestige accru par rapport aux samurai des maisons mineures qui n'ont ni les antécédents, ni la puissance de leurs frères.

II - La Caste des Heimin

Les samurai ne représentent qu'environ 7% de la population de l'Empire qui se compose pour l'essentiel du "demi peuple", les heimin. Cette notion n'est pas réellement péjorative mais il est clair qu'un heimin doit respecter un samurai sous peine d'être puni, éventuellement par une mort immédiate. Les heimin font eux aussi partie intégrante de l'Ordre Céleste et leur caste est subordonnée à celle des samurai. Certains samurai sont courtois envers les heimin, d'autres méprisants ou même insultants mais si l'on attend d'un samurai un minimum de correction et de bienséance, il est évident dans le principe de l'Ordre Céleste que les heimin ont un statut inférieur parce qu'ils le méritent.

Les heimin forment les masses laborieuses de Rokugan et l'on compte parmi eux les paysans innombrables qui nourrissent l'Empire. A l'exception des forgerons ou de certains artisans dont le métier intéresse la noblesse, les paysans sont les heimin les mieux considérés puisqu'ils produisent les aliments sans lesquels tout le monde mourrait de faim. Les pécheurs sont également assimilés à des paysans pour la même raison. Cela ne veut pas dire qu'ils ont la belle vie mais la plupart des daimyo savent reconnaître les mérites de ceux qui les nourrissent tant que ceux ci savent rester à leur place.

Les artisans ainsi que les travailleurs manuels en tous genres (bateliers, porteurs, ouvriers…) sont sensiblement moins considérés que les paysans mais certains artisanats (la forge, le travail de la soie ou du parchemin…) sont plutôt bien vus. Les samurai ne créent pas d'objets à des fins commerciales ou utilitaires car cela est censé relever des prérogatives de la caste heimin. A l'inverse, une création de nature artistique ou la conception d'un objet destiné à servir de présent sont par contre bien considérés. Il y a donc la "création noble" dans laquelle certains samurai excellent et la fabrication prosaïque qui relève la plupart du temps des artisans heimin.

Les négociants ou commerçants quant à eux sont presque méprisés par les samurai bien qu'ils représentent une classe sociale dont la richesse n'a fait que croître avec les siècles. La caste samurai, la noblesse, traite par le mépris ceux qui commercent du travail des autres. A l'exception de certaines familles samurai comme les Yasuki du clan du Crabe, les samurai qui s'intéressent au commerce ou au négoce ont tendance à gérer les choses en termes généraux, confiant le travail le plus prosaïque (et le plus indigne) aux négociants et aux boutiquiers heimin. Paradoxalement, nombre de heimin qui ne font pas partie des marchands et négociants souhaitent disposer de leurs richesses qui à défaut de leur assurer le respect peut cependant aplanir bien des problèmes… les attentes sociales (et financières…) ne sont pas les mêmes chez les heimin et chez les samurai à cet égard.

Il n'est pas possible d'acheter son entrée dans une autre caste et donc, les heimin sont théoriquement incapables de devenir samurai. Il arrive parfois cependant que le Champion d'un Clan soit suffisamment intrigué, intéressé et impressionné par un heimin pour qu'il lui accorde le privilège de rejoindre une maison mineure de son clan en tant que samurai. L'événement n'est pas fréquent car la caste noble est rigoureusement attachée à ses privilèges et convaincue que la naissance étant affaire de destinée, ceux qui naissent heimin sont à priori censés le demeurer.

Dans l'éventualité ou un heimin rejoindrait la caste des samurai, il se verra traité comme ses pairs en toutes choses bien qu'il ne soit pas dit que sa lignée ne soit pas l'objet de certaines rumeurs ou commentaires dépréciateurs. Mais d'un point de vue officiel et légal, il sera bel et bien un samurai et ses enfants naîtront dans cette caste.

III - La caste des Hinin

Les Hinin ou "non peuple" forment une catégorie sociale assez nébuleuse dont les effectifs sont difficiles à déterminer. On y trouve les amuseurs, les baladins, les devins et autres professions plutôt marginales mais aussi les geisha, les prostituées et les eta.

Les geisha, à l'encontre des prostituées, ne sont pas des objets sexuels mais l'incarnation de certaines grâces esthétiques et artistiques. Elles sont considérées comme des artistes bien que leur statut soit extrêmement bas dans l'Ordre Céleste. Dans les Quartiers Réservés ou l'on se rend afin de faire la fête, elles ont par contre une certaine influence et sont les égéries de nombreux samurai ou heimin fortunés.

Les Eta quant à eux sont tout juste traités comme des êtres humains. Leurs métiers sont considérés comme impurs et leurs personnes aussi. Les Eta sont fossoyeurs, bouchers (bien que la viande rouge soit peu consommée dans l'Empire, ils s'occupent donc surtout de vider les volailles), bourreaux, éboueurs ou tanneurs. Il est extrêmement rare qu'un eta sache lire, la plupart vivent dans des conditions d'insalubrité extrême mais personne, pas même les autres hinin, ne veut s'intéresser à leur sort. Ils sont indispensables mais la plupart des gens des autres castes font comme s'ils ne les voyaient pas et nul ne s'aventure dans leurs bidonvilles sans d'excellentes raisons. S'intéresser à eux quand on n'est pas obligé de le faire ou que l'on n'appartient pas à un ordre monastique est considéré au mieux comme une perte de temps, au pire comme une lubie malsaine. S'il est plutôt rarissime qu'un heimin devienne samurai, il est vraiment exceptionnel qu'un hinin ou un eta se voie accorder une promotion dans la caste heimin. La plupart du temps, le reste du monde préfère ignorer les représentants de cette caste, voire les éviter.

IV - Les cas particuliers.

Les Ronin

Les ronin sont des samurai sans maitre, une anomalie dans la société rokugani qui repose toute entière sur un principe de vassalité. Certains ont perdu leur seigneur, d'autres ont été chassés de leur clan pour diverses raisons ou encore sont nés de parents qui étaient eux-mêmes ronin. Il en est même qui sont en réalité de simples heimin qui se sont procurés un katana et arpentent l'Empire dans l'espoir d'améliorer leur condition. Malheur à eux si on les démasque… usurper son appartenance à une caste supérieure et en particulier se faire passer pour un samurai est un crime sévèrement puni.

La vie d'un ronin est faite de nombreux paradoxes : il est considéré par défaut comme une sorte de membre de la caste des samurai mais ne peut compter sur l'appui de personne. Afin de se nourrir, il doit louer ses services aux clans en temps de guerre ou à des heimin désireux d'employer un guerrier expérimenté pour leur protection mais combattre pour de l'argent est normalement incompatible avec le statut de samurai. Les autres samurai traitent les ronin avec indifférence ou mépris mais rarement avec pitié puisque l'Ordre Céleste hérité des dieux garantit à chacun d'occuper la place qu'il doit occuper. La majorité des heimin ou hinin quant à eux traitent les ronin avec un respect prudent car la plupart ont les aptitudes martiales des véritables samurai mais pas forcément leur honneur ou leur sens de la mesure…

Le problème essentiel des ronin est qu'ils sont de fait à la fois dans et hors de l'Ordre Céleste.

Les Moines

Si certains sont de jeunes heimin ou hinin recueillis par les monastères, nombre de moines sont en fait des samurai qui ont suivi la coutume de l'Inkyo (la retraite) qui sera abordée plus loin. Les moines abandonnent leur ancien nom et se rasent la tête, la plupart refusant même de conserver un lien quelconque avec leurs anciens parents. Ils sont respectés pour leur sagesse et parce que les enseignements de Shinsei et des Fortunes font d'eux des gens toujours prêts à conseiller le vertueux ou à aider le nécessiteux. Ils ne sont cependant pas autant respectés que les samurai et ne disposent d'aucun pouvoir réel sur le système féodal des Clans dans lequel ils ne peuvent normalement exercer de responsabilités. Il existe de nombreuses sectes monastiques aux enseignements diversifiés mais qui reposent sur les mêmes fondations spirituelles.

Les Gaijin

Les étrangers sont rassemblés sous la dénomination de gaijin (ce qui signifie à peu près "démons barbares"). Si autrefois l'Empire avait des liens très ténus avec les tribus du nord, la loi impériale interdit désormais aux gaijin de poser un pied sur le sol de l'Empire. Quelles que soient leurs origines, les étrangers sont donc susceptibles d'être mis à mort dés que l'on repère l'un d'entres eux à Rokugan.

Cette situation date du cinquième siècle durant lequel l'Empire eut des rapports commerciaux et diplomatiques avec un peuple gaijin venu d'au delà de la grande mer orientale. Ces étrangers finirent par trahir la confiance des rokugani et tentèrent avec leurs armes à poudre noire de s'emparer de la capitale. Ils furent vaincus et ceux qui ne purent s'enfuir furent exterminés jusqu'au dernier car leur attaque avait provoqué la mort de l'Impératrice Hantei IX.

Depuis cette époque, l'Empire d'Emeraude refuse tout contact avec le reste du monde. La situation a quelque peu évolué avec le retour du Clan de la Licorne et désormais, diverses importations strictement contrôlées sont tolérées. Les gaijin eux-mêmes par contre n'ont toujours pas le droit de poser le pied sur le sol de l'Empire et depuis leur défaite, les étrangers venus d'au delà des mers n'ont plus jamais tenté d'entrer en contact avec Rokugan.

Si les contes du clan de la Licorne et certaines de ses marchandises sont appréciés avec modération, si certains prétendent que l'on importe également en toute illégalité diverses denrées venues du nord ou des pays au delà des terres de l'Outremonde, l'Empire demeure extrêmement xénophobe et isolationniste. Les étrangers n'y sont pas mieux traités que des eta. De nombreux édits impériaux interdisent l'importation d'armes gaijin et si les secrets de la poudre noire ou "poivre gaijin" comme on la surnomme sont connus de certains alchimistes, la loi autorise seulement son usage pour les feux d'artifices. L'Empire a déjà affronté autrefois mousquets et canons mais même après sept siècles, il se refuse à en faire usage.

L'Empire d'Emeraude cohabite également de manière plus ou moins hostile avec des êtres non humains qui ne sont pas tous issus de l'Outremonde. Certains esprits de la nature ou des éléments, les kami (à ne pas confondre avec les Kami Fondateurs), se manifestent spontanément. Il y a des créatures changeformes qui aiment à tourmenter les humains et il faut également compter avec les Nezumi, des hommes rats avides de piller les greniers à riz pour se sustenter. Il n'existe pas de loi générale pour ces êtres qui sont considérés comme ne faisant pas partie de l'Ordre Céleste (de même que les gaijin d'ailleurs, mais eux par contre sont l'objet comme on l'a vu de lois très précises…). Généralement, ces êtres sont considérés en fonction des rapports qu'ils ont avec les humains quand rapports il y a : on respecte l'intimité des esprits ou des entités amicaux et l'on chasse ceux qui s'en prennent aux hommes ou à leurs possessions.

En résumé, l'Ordre Céleste concerne tous les humains qui descendent des tribus primitives qui se prosternèrent devant les Kami Fondateurs. En font également partie les descendants des étrangers qui ont été adoptés par le Clan de la Licorne mais le reste du monde doit demeurer à l'écart. Il se peut, si un jour l'Empire redevient une nation expansionniste, qu'il conquière ou assimile en son sein d'autres peuples étrangers comme cela fut certainement le cas aux origines. Mais rien ne laisse présager une telle tendance dans un avenir proche. Les frontières de l'Empire n'ont pas variées depuis plusieurs siècles, aucune nation puissante avec laquelle commercer ou guerroyer ne jouxte ses territoires et les pressions économiques ou sociales sont insuffisantes pour justifier une nouvelle phase expansionniste.

[u]Us et Coutumes


L'Empire d'Emeraude est une nation empreinte d'une multitude de traditions et la grande majorité de ses habitants en maîtrisent les bases essentielles. Ces traditions incluent non seulement les aspects religieux et spirituels mais aussi et surtout l'apparence que chacun montre aux autres. Les tabous et les attentes sociales des rokugani ne sont pas les mêmes que celle d'un occidental du 21ème siècle et si elles s'inspirent sensiblement de certains comportements typiquement japonais, une petite mise en garde s'avère nécessaire : Rokugan possède autant de points communs avec le Japon réel qu'un monde médiéval fantastique classique dans le jeu de rôle avec le Moyen-Âge occidental. Anachronismes, empreints à d'autres cultures et contresens abondent. Les gens qui connaissent bien la civilisation nippone trouveront L5A plutôt décevant sur ce plan tandis que les novices qui espèrent ainsi se familiariser avec la culture du Japon des samurai risquent de retenir de belles horreurs au milieu de choses plus proches de la réalité. On ne le dira jamais assez mais puisque ce point est éclairci, nous pouvons nous pencher sur les us et coutumes des rokugani.

L'Etiquette

Dans l'Empire d'Emeraude, l'apparence prime sur bien des choses. L'honneur individuel, le respect que les autres vous donnent qui en découle relèvent à la fois de votre position sociale mais aussi de la manière dont vous vous comportez. Si les représentants des castes inférieures ont un comportement sensiblement moins codifié et strict que celui des samurai, les normes sociales sont connues de tous et bien que de nombreuses variantes existent selon les clans, les personnes et les circonstances, elles obéissent à quelques principes généraux que vous trouverez plus loin.

Les rokugani sont des gens aussi expansifs que n'importe qui mais les heimin veillent à se comporter très poliment envers les samurai et ceux-ci cherchent constamment à prouver au regard des autres leur honneur. Pour ce faire, nombre d'entres eux adoptent un comportement qui aux yeux d'un étranger semblera allier une dignité parfois pesante et de rares éclats émotifs soigneusement contrôlés afin de passer pour de simples manifestations de sincérité un peu plus prononcées. Il y a des samurai trop fort en gueule ou vraiment asociaux mais fort heureusement, rares sont les occasions ou l'on confie à ces hommes des missions ou leurs travers pourraient s'avérer lourds de conséquences…

Sincérité et Vérité

A Rokugan, la vérité est importante mais elle passe au second plan derrière la sincérité. Ce ne sont pas tant les faits qui sont importants aux yeux des rokugani que l'honneur et le statut des personnes impliquées. Pour simplifier à l'extrême, si tuer un homme en combat loyal n'est pas forcément un acte banal ou dépourvu de connotations criminelles dans certains cas, le fait que le tueur soit un simple paysan ou un honorable samurai fait toute la différence parce que leurs motivations sont censées être justement différentes. L'exemple que nous venons d'évoquer ne doit pas être pris à la lettre mais simplement pour illustrer ce principe : celui qui agit et la manière dont il agit ont au moins autant d'importance voire même davantage que ses actes eux-mêmes.

La justice rokugani et la coutume se basent sur ce principe et favorisent donc les gens bien nés dont la réputation est sans tâche vis-à-vis de leurs égaux apparemment moins honorables ou vis-à-vis des gens d'extraction plus modestes et aux motivations censément moins élevées.

Cela ne veut pas dire que la preuve matérielle n'a pas d'importance mais que même lorsque les faits sont établis, on aura tendance à davantage considérer les motivations d'un samurai que celles d'un paysan. Les plaidoyers d'un accusé ne sont pas du tout écoutés de la même manière selon qu'il est heimin ou un samurai même si le crime est identique.

D'une certaine manière, la loyauté peut (et même doit) s'accommoder de nuances comme le mensonge. Il ne s'agit donc pas tant de dire toujours la vérité que de dire toujours quelque chose que les autres considèrent comme vraisemblable. Le principe idéologique qui sous-tend cela est très simple : si quelqu'un a un rang supérieur au mien, c'est qu'il le mérite. Sa parole est donc plus "vraie" que la mienne. Mentir ouvertement n'est pas aussi simple bien évidemment mais on contestera beaucoup moins les déclarations un peu cousues de fil blanc d'un noble daimyo influent que le témoignage apparemment authentique d'un simple samurai de garde

Le souci de maintenir en permanence une certaine image de soi va de pair avec celui de préserver l'image publique des autres (à moins d'avoir l'intention de leur nuire). Les rokugani sont de fervents adeptes du vieil adage "pas vu, pas pris" et la plupart du temps, ils ignorent ou font semblant de ne pas remarquer les manquements à l'étiquette mineurs ou les comportements déshonorants tant qu'ils peuvent être aisément "oubliés". Tout comportement qui semble volontairement provocateur ou qui témoigne visiblement du peu de maîtrise de soi que possède son auteur est par contre prétexte à d'immédiates réprimandes, publiques si nécessaires. Là encore, il y a des différences considérables selon les individus, leurs origines et les circonstances mais disons que d'une manière générale, les choses se passent ainsi : les conventions sociales sont censées s'appliquer à tous, on "ne voit pas" les manquements les moins gênants mais cette tolérance apparente se transforme brusquement en rigidité extrême dés que l'on dépasse certaines bornes ou que l'on souhaite enfoncer son interlocuteur en le déshonorant en public par exemple.

Evidemment, faire comme si on ne voyait pas certaines choses ne veut pas dire qu'on ne les mentionnera pas une fois que vous aurez le dos tourné… de même, arguer de ce principe de discrétion pour ne pas dénoncer un crime n'est pas du tout considéré comme valable aux yeux des magistrats. Le respect de ce qui passe pour la vie privée d'autrui ne doit pas être un obstacle au déroulement d'une enquête.

Le système idéologique

Le sacré et le profane marchent main dans la main dans l'Empire d'Emeraude. Une nation fondée par des demi-dieux dont les descendants essayent de se montrer les dignes successeurs. Notamment la notion de destinée, de karma, est cruciale et imprègne l'ensemble de la société.

En résumant une fois de plus à l'extrême, on peut dire que les rokugani sont des gens relativement fatalistes : si les choses arrivent, c'est parce qu'elles devaient arriver. Ainsi, il est normal que les seigneurs soient forcément plus honorables que ceux qui les servent car ils sont à leur place. De même, il est normal que la vie d'un vassal n'ait aucune importance au regard de celle de son suzerain car chacun des deux a une importance différente sur le plan social mais aussi métaphysique.

Une telle approche pourrait générer toutes les dérives fascisantes imaginables et d'une certaine manière, l'Empire n'est pas exempt d'arbitraire et de tyrannie. Les rebellions existent mais sont sauvagement réprimées car dans l'absolu, rien n'est censé se dresser contre "l'ordre naturel des choses".

Evidemment, un joueur ne se sentira pas forcément à l'aise dans un tel système ou même s'il fait partie des 7% de la population issus de la noblesse, il n'est après tout à l'origine qu'un samurai parmi des millions d'autres. Un des aspects intéressants de L5A est justement de donner aux joueurs l'opportunité de se prononcer sur divers choix épineux : faut-il faire ce qui est juste ou ce qui est convenable ? D'ailleurs comment reconnaître ce qui est juste ? Et quand il y a deux manières d'agir apparemment équivalentes, laquelle sera la plus honorable, ou la plus indigne ?

Outre ces problèmes éthiques, l'ordre social apparemment extrêmement rigide de Rokugan n'est pas dépourvu de certains "contrepouvoirs". Le premier d'entres eux est la Confrérie de Shinsei, c'est-à-dire les moines. Bien qu'ils ne puissent exercer aucune responsabilité extérieure à leurs congrégations, ces individus sont les héritiers du système de pensée du Petit Maître, qui donne à chacun la possibilité de cheminer sur la route de l'Illumination. Et si le système social considère que les samurai de par leur naissance sont les plus avancés sur cette voie, le Shinseisme insiste pour rappeler que nul n'en est privé et qu'elle représente un moyen pour l'individu de prouver sa valeur y compris au regard des puissances célestes. Et ce quelles que soient ses origines…

Les moines sont donc non pas des rebelles en puissance mais des gens qui peuvent se permettre de par leur statut de conseillers spirituels de rappeler aux samurai et plus généralement aux rokugani que les autres individus qui les entourent ont a priori tout autant de potentiel qu'eux sur le plan spirituel. D'ailleurs, certains courants monastiques vont jusqu'à rejeter le matérialisme, le raffinement et même l'érudition sous toutes ses formes en partant du principe qu'ils éloignent l'individu de sa véritable nature. Un aphorisme de Shinsei cher à de tels moines et qu'ils citent fréquemment est "pour l'oiseau dans le ciel, il n'y a pas de différence entre un samurai et un paysan". L'autre "système de sécurité" intégré est tacite et relève du grand "pacte" passé entre les mortels et les dieux à l'aube de l'Empire. La notion de suzeraineté à Rokugan s'accompagne de celle de responsabilité. Le seigneur est donc responsable du bien être de ses sujets de même que l'Empereur est le garant de la prospérité matérielle et spirituelle de l'Empire. Malheur au daimyo qui abuse de ses prérogatives et montre ainsi à ses pairs et supérieurs à quel point il déshonore son rang. Il ne s'agit donc pas tant de diriger que de guider. La notion est subtile et souvent utilisée de manière abusive mais elle est censée être immanente et omniprésente.

C'est pour cela que l'on respecte ses aînés et ses supérieurs. Leur rôle est aussi de guider la nouvelle génération ou ceux qui sont sous leur responsabilité. Et lorsque celui qui a le pouvoir perd la face, son châtiment est souvent bien plus prompt et radical que lorsqu'il n'est qu'un heimin parmi bien d'autres. Cela ne veut pas dire que tous les samurai sont forcément "coincés" ou psychorigides mais que plus on occupe une place élevée dans l'ordre social et plus chaque mot que l'on prononce doit être rattaché à un ensemble qui forme un comportement honorable que nul ne doit pouvoir attaquer avec succès. Que l'on soit l'homme le plus noble du monde depuis Shinsei ou la dernière des ordures, tomber de son piédestal fait aussi mal quand on atteint le sol…

Le Bushido

Bien que ce code d'honneur élaboré par le kami Akodo concerne à l'origine surtout les guerriers, il est presque sur le champ devenu le référent de l'ensemble de la caste des samurai. Que l'on serve avec une arme, des prières ou des faveurs politiques n'a pas d'importance dans le fond. L'essentiel est de servir. Le samurai sert son suzerain, le suzerain sert le clan, le clan sert l'Empereur et celui-ci est le garant mutuel de la bienveillance céleste envers les mortels et du respect de ceux-ci envers les puissances du Ciel. Les heimin et les hinin ne sont pas liés au Bushido mais il a tellement d'importance pour la caste dominante que certaines de ses notions se sont insidieusement infiltrées de manière plus ou moins ouverte dans le reste de la société.

On pourrait écrire des milliers de pages sur le Bushido (d'ailleurs, c'est bien ce que certains rokugani ont fait) sans parvenir à l'expliquer d'une manière absolue, exacte et complète. Il s'appuie cependant sur une base d'apparence simple puisque ce code ne repose que sur sept points, sept vertus. Le reste est du domaine de l'interprétation et des péripéties de l'histoire.

La Condition Féminine
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Si la divinité tutélaire de l'Empire est la déesse Amaterasu, six des huit fondateurs de Rokugan étaient des hommes et l'une de leurs soeurs quitta l'Empire dés ses premières décennies d'existence. Et si plusieurs familles furent fondées par des femmes (Agasha, Asako, Doji, Matsu, Otaku, Shinjo, Shosuro, Yasuki), la majorité le furent par des hommes et c'est également le cas de tous les clans mineurs à l'exception de celui du Mille-pattes.

Dés l'aube, l'Empire admit le concept de femmes guerrières (Shinjo, Matsu, Otaku, Doji Konishiko fille de Doji et Tonnerre de la Grue, Shosuro…) mais par la suite, seule la famille Matsu ouvertement matriarcale perpétua véritablement cette idée jusqu'au retour du clan de la Licorne (et notamment de la famille Otaku). Si de tous temps il y eut des femmes en dehors de ces familles matriarcales qui embrassèrent la voie de la guerre en suivant l'exemple des héroines de la Première Guerre ou de femmes illustres qui vécurent par la suite (comme Matsu Hitomi ou l'impératrice Hantei Yogozohime), elles demeurèrent relativement rares jusqu'à une époque récente.

D'une manière générale, les femmes ne sont pas censées utiliser le même langage, les mêmes tournures de phrases que les hommes. Même à la lecture, une lettre de femme est normalement facilement reconnaissable car elle doit utiliser les formules de politesse et les tournures propres à son sexe. De même, nombre de femmes mariées marchent quelques pas en retrait de leur époux dans la rue et en déférent à lui quand il est présent avant de répondre à une question ou d'entrer dans un endroit. Evidemment, il y a des variations considérables comme nous allons le voir. Notamment, les heimin sont souvent moins portés sur ces traditions que les samurai et les clans les plus formels (Lion, Grue…) sont plus attachés à ces habitudes que les autres. Dans la caste des samurai, on peut considérer deux cas de figure en ce qui concerne les femmes :

L'épouse

Le cas le plus fréquent et le plus évident. Une épouse (ou une future épouse…) n'a pas à combattre ni à exercer des responsabilités séculaires ou religieuses. Son rôle est de gérer le ménage et mettre au monde les héritiers du samurai. La loi accorde à l'époux la prééminence et il peut même répudier sa femme ou la mettre à mort pour adultère, bien que cela ne soit pas exempt de conséquences sur sa propre réputation… et ses relations avec sa belle-famille. La tradition veut que ce soit l'épouse qui gère les finances de la maison. C'est à elle que l'on verse le salaire du samurai, c'est elle qui engage les ouvriers qui réparent la maison, les serviteurs qui font la cuisine ou le ménage (bien que nombre d'épouses de samurai modestes soient également contraintes de participer discrètement à ce genre d'activités). L'argent que dépense un samurai est généralement constitué par un pécule que lui remet sa femme. Il mène sa vie d'homme honorable et elle s'occupe du reste. Néanmoins, même si un tas de comportements peuvent découler d'une telle situation, une épouse reste samurai.

Sa parole vaut plus que celle d'un heimin. Le soutien de son ancienne famille peut lui être utile pour se défendre contre son époux (bien que l'on considère au niveau légal qu'elle fasse désormais partie de la famille et du clan de celui-ci). Elle peut demander et obtenir le droit à une mort honorable mais dans ce cas, elle ne procédera pas au seppuku. Le suicide honorable des femmes est le jigai, la dame se tranchant la gorge avec un poignard après s'être attaché les chevilles pour empécher les convulsions saccadées des jambes… le jigai est également applicable aux enfants qui n'ont pas encore passé leur gempukku. Le poignard qu'une femme utilise dans ces circonstances est le kaiken, une petite lame que chaque femme samurai porte normalement sur elle afin de se donner la mort si on essaye de la déshonorer.

Enfin, une veuve peut hériter de son époux défunt et même administrer ses domaines en attendant que son fils ainé ait passé son gempukku. La famille du défunt peut s'y opposer mais la loi et la coutume sont assez floues à cet égard et l'on a tendance à considérer les choses au cas par cas. Un certain nombre de veuves sont parfois obligées cependant de se retirer dans un monastère avant l'âge parce que leur famille d'adoption ne les a jamais appréciées et possédait les appuis adéquats pour rendre la situation extrêmement inconfortable.

La notion de ménage s'étend à ce que l'époux gère officiellement s'il est seigneur ou administrateur. Ainsi, la femme d'un daimyo a en charge l'intendance de son château et son mari peut lui demander de participer également à la gestion des domaines dont il a la responsabilité. Par contre, l'épouse n'a pas d'autorité réelle sur le capitaine de la garde de son mari et s'il est par exemple magistrat, elle n'acquiert pas ce statut ni ne peut donner d'ordres à ses subordonnés.

La plupart des samurai attachés à un seigneur ou un fonctionnaire se montrent déférents envers son épouse et acceptent d'assez bonne gràce les "suggestions" de celle-ci. Bien évidemment, il y a des femmes qui sont 1 cantonnées à un rôle extrèmement symbolique par leurs époux et d'autres qui ont su obtenir un pouvoir réel au-delà de la sphère dans laquelle elles étaient censées agir.

Dans une famille samurai aisée, l'épouse a peu de responsabilités réelles, si ce n'est gérer le budget. Elle peut donc se livrer aux nombreuses activités considérées comme dignes de sa condition : la calligraphie, la musique, la lecture, l'ikebana, la poésie etc… ces activités sont rarement l'occasion de démonstrations publiques mais les épouses voisines se réunissent souvent pour comparer leurs talents et ces occasions ne sont pas dépourvues de l'esprit de compétition que l'on observe également chez leurs maris. Certaines épouses sont parfois conviées par leur époux à distraire des invités de quelques notes de musique ou sont considérées (à tort ou à raison) comme assez douées pour pouvoir montrer leurs créations en public. Des activités comme la chasse, le sport, l'escrime sont normalement peu estimées. A l'inverse, nombre d'épouses profitent de leurs promenades avec leur escorte pour se rendre aux temples proches et procéder à des offrandes, voire participer à des concours de poésie avec les moines ou nonnes. Certaines femmes mariées ont une réputation des plus flatteuses sous un nom de plume qui dissimule leur identité mais la plupart ont peu d'occasions de réellement briller. La vie économique du foyer est de fait gérée par un intendant (le plus souvent un heimin mais il peut s'agir d'un vieux samurai fidèle et compétent) qui rend compte à la femme du seigneur des détails et la conseille en matière de décisions d'ordre général.

Dans des familles plus modestes, les femmes samurai sont plus directement impliquées dans la gestion quotidienne du ménage. Nombre d'entres elles savent coudre et reprisent les vètements de leur époux. La plupart apprennent quelques notions de cuisine ou de charpenterie assez théoriques mais qui leur permettent de superviser les travaux des domestiques ou des artisans engagés de manière temporaire.

Dans les grandes villes, un artisanat très développé vise à produire des biens qu'une épouse de samurai pourrait trouver intéressants. Kimono, calligraphies, tableaux décoratifs mais aussi services à thé et romans sentimentaux ou recueils poétiques.

Les femmes de condition heimin ont tendance à être impliquée directement dans l'activité professionnelle du mari. Elles ne font pas forcément les mêmes travaux que lui mais dans les professions manuelles elles réalisent la plupart des tàches ne requérant pas une grande force physique. Elle peignent le papier des éventails, surveillent le feu de la forge, réparent les filets, portent les matériaux de construction, collent les pièces du mobilier et ainsi de suite. Elles sont souvent secondées par leurs enfants. Au sein des professions ou l'on vit essentiellement du travail des autres (négociants, usuriers) ou de nature plus intellectuelle (médecins, architectes…) l'épouse pourra participer de plein droit à l'activité économique ou au contraire profiter de l'aisance matérielle du ménage pour embrasser des activités qui rappellent celles des femmes samurai les plus en vues. Les épouses de caste samurai et heimin ne se mélangent pas forcément mais elles sont souvent sensiblement plus de contacts que leurs maris respectifs.

La samurai-ko

La samurai-ko est une femme samurai qui "fait carrière". Elle peut ou pas être mariée mais exerce de toute manière des responsabilités pour son clan qui sortent du cadre de son foyer. Au regard de la loi, une samurai-ko est l'équivalent d'un samurai homme et elle a les mêmes droits, obligations et prérogatives que son homologue masculin. Cependant, sa condition de femme demeure et en dehors du champ de bataille ou de circonstances officielles, on attend souvent d'une samurai-ko qu'elle se comporte de manière féminine : qu'elle s'habille en femme, parle comme une femme et accorde un respect marqué aux hommes. Les filles des familles Otaku et Matsu entres autres ont tendance à ignorer royalement ce genre d'attentes et rares sont ceux qui oseraient les reprendre…

La majorité des samurai-ko embrassent la carrière de bushi ou de courtisane (le mot courtisane est à prendre au sens politique à Rokugan, pas au sens sexuel…). Les shugenja et les artistes sont encore un cas à part qui est bien toléré dans l'ensemble. Le problème essentiel de la samurai-ko demeure souvent que certains milieux ouvertement maschistes l'obligent à surenchérir et à déployer plus d'efforts qu'un homme pour qu'on la reconnaisse comme son égal. Pour nombre d'hommes l'idée qu'ils se font d'une femme est celle d'une créature à la sensibilité un peu bizarre et soumise à divers sentiments et émotions qui ne sont pas totalement dignes d'un "véritable samurai". Nombre de samurai-ko et en particulier de femmes bushi font donc serment de chasteté par exemple, afin de montrer qu'elles ne sont pas des femmes mais des guerrières et que leurs soit-disant "sentiments féminins" n'entreront pas en conflit avec leur loyauté de samurai. On attend alors d'elles qu'elle abandonnent leur voie et redeviennent des épouses lorsqu'elles rompent ce voeu (honorablement…), ou qu'elles acceptent les conséquences de leurs actes si elles se montrent incapables de tenir ce serment et succombent à des élans charnels ou affectifs. Là encore, les histoires d'amour tragiques servent à magnifier cet idéal ou à mettre l'accent sur la difficulté de cette voie. L'évolution lente des moeurs se constate au nombre croissant de samurai-ko qui continuent à exercer en partie ou totalement leurs responsabilités extérieures à leur rôle d'épouse une fois mariées mais la société rokugani demeure à cet égard très hétérogène.

Evidemment, la situation est sensiblement différente parmi les Matsu ou les Otaku, deux cas ou non seulement les femmes ont un rôle dominant sur le plan politique mais ou la tradition permet de concilier vie d'épouse et vie de bushi. Cependant, même dans ces familles, la fierté transmise par le nom d'Otaku ou de Matsu et le fait de vivre dans un empire encore relativement machiste pousse de toute manière la plupart des femmes à se montrer très exigeantes vis-à-vis d'elles-mêmes et de leurs filles.

Concubines, Geisha et Prostituées

Les mariages étant arrangés, nombre de samurai n'éprouvent rien pour leur conjoint, bien que maintenir les apparence soit toujours crucial. L'adultère est très mal vu à Rokugan, tout au moins à partir du moment ou il est connu. Il existe donc des gens à la réputation équivoque mais qui n'ont jamais pu être formellement accusés d'adultère ou qui ont défendu par les armes et avec succès leur honneur…

Notez bien que du point de vue de la coutume, il n'y a guère de différence entre une liaison homosexuelle ou hétérosexuelle. Cependant, on ferme plus facilement les yeux sur les liaisons homosexuelles entres "proches" (deux amis, un maitre et son élève, une dame et sa femme de chambre…) discrètes. Après tout, elles ont au moins le "mérite" d'éviter les grossesses embarrassantes. Cependant, avoir une liaison sentimentale ou sexuelle est toujours considéré comme une faute. On insulte à la fois la famille de son conjoint mais aussi son propre seigneur puisque l'on montre clairement que l'on attache plus d'importance à des sentiments amoureux égoistes qu'au devoir qui lie le samurai à son suzerain. Même les samurai célibataires ne sont pas censés batifoler ou faire des "rencontres sur l'oreiller" d'une manière générale. Il existe cependant une certaine "tolérance" constituée par les Quartiers Réservés, ces endroits ou l'on se rend pour se distraire et, entres autres, y rencontrer des geisha.

Les fameuses geisha ne sont pas strico-sensu des prostituées mais des artistes éduquées de manière à charmer et distraire les samurai par leurs bonnes manières mais aussi leurs nombreux talents musicaux, théatraux et ludiques. Dans un autre domaine, il est aisé pour un samurai discret de se rendre dans un endroit ou une putain pourra satisfaire ses envies et un certain nombre de samurai influents n'hésitent pas à user de leur rang pour que certains de leurs subordonnés ou de leurs serviteurs partagent leur couche.

Courtiser une geisha est un processus très différent basé sur une sorte d'étiquette pesante qui rappelle fortement l'amour courtois occidental. Echanges de cadeaux, rencontres formelles et tentatives plus ou moins ouvertes de "faire avancer les choses" forment l'ossature de telles relations. A la longue, le samurai qui parvient à obtenir l'estime de son égérie peut gagner le droit d'être le seul à profiter de sa chaste compagnie ou (ce qui est plus fréquent) d'être le seul à pouvoir profiter de certaines faveurs…

Se rendre dans les maisons de geisha est un droit coutumier mais le faire trop souvent n'est guère souhaitable quand on veut veiller à sa réputation. Il y a cependant des endroits ou l'on vend des paniers d'osier ou des masques afin que les habitués puissent éviter qu'on les reconnaisse… d'une manière générale, la coutume veut que l'on considère ce qui se passe dans les quartiers réservés comme n'ayant jamais eu lieu. Cependant, l'homme marié qui persiste à s'y rendre régulièrement ne manquera pas de susciter les commentaires de ses voisins, voire la réprobation de ses supérieurs. Dans ce domaine plus que dans n'importe quel autre, faire semblant de ne rien voir est d'une importance cruciale mais faire en sorte de ne pas être vu trop souvent l'est tout autant. Comme on l'a vu, le statut de l'homme marié est supérieur à celui de son épouse. Bien qu'il ne puisse ouvertement l'insulter en public ou la tromper, il peut tenter de la répudier sans trop de risques. Plus exactement, l'épouse ne peut y faire grand-chose mais son ancienne famille (ou la famille de l'époux) pourraient eux empécher la répudiation pour des raisons politiques si leur influence le leur permet.

L'époux peut cependant prendre une concubine officielle, alors que les amours éventuels de son épouse devront toujours demeurer clandestins. Nombre de geisha espèrent devenir la concubine d'un samurai influent. Bien que cela ne leur donne pas accès à la caste samurai pour autant, les concubines vivent en effet des vies très différentes de celles des artistes des quartiers réservés. Elles distrayent les invités de leur maitre, assistent son épouse et ont une vie souvent moins dure que celle de geisha qui implique un entrainement régulier et difficile ainsi qu'une disponibilité et une politesse exquise qui rendraient envieux bien des diplomates. Et une geisha qui a longtemps été convoitée par nombre de samurai influents octroie souvent à celui dont elle devient la concubine un surcroit de réputation qui suscite l'admiration jalouse de ses amis. D'une certaine manière, les samurai n'échappent jamais vraiment à la symbolique de la guerre…

Les enfants qu'une concubine a avec son maitre ne sont pas forcément ses héritiers à moins que le maitre ne les reconnaisse. Si c'est le cas, ils entreront alors dans la caste samurai à l'âge adulte bien que leur mère demeure elle une simple concubine.

Certains samurai ont une épouse et plusieurs concubines mais leur situation n'est pas la plus fréquente. Bien que l'épouse ne puisse s'opposer à son mari, c'est elle qui tient les cordons de la bourse familiale et elle peut lui reprocher d'entretenir des concubines qui coutent plus d'argent que son pécule personnel et grèvent les finances du ménage. Lorsqu'un époux voit certains tableaux auquel il tient disparaître et les usuriers venir poliment saluer son épouse, il sait qu'il doit peut-être reconsidérer certaines de ses décisions…

De même, certaines épouses peuvent compter sur l'appui de leur belle-mère qui préfère souvent voir son fils bien marié qu'affligé d'une réputation de dévergondé… et les belles-mères rokugani sont assez souvent capable de terroriser leurs rejetons bien plus efficacement que n'importe quel monstre de l'Outremonde.

Le droit apparemment inconditionnel d'un samurai de faire ce qu'il veut de son épouse s'accompagne donc de certaines contraintes liées à sa situation politique et familiale personnelle.

Liaisons amoureuses

Evidemment, les samurai étant des êtres humains, les liaisons furtives éphémères ou de longue durée existent, entres gens mariés ou pas. De même, des relations amoureuses entre individus issus de castes différentes sont également une réalité dont on préfère détourner les yeux. Il n'y a guère que les eta qui soient "à l'abri" des lubies sentimentales des autres castes mais cela ne les protège pas forcément des abus physiques. Bien que la chair d'un eta soit considérée comme aussi impure que son âme, les samurai peu portés sur l'honneur ou trop à la merci de leurs passions savent qu'il existe des prostitués eta dont on peut se payer les faveur pour quelques navets ou une pièce de cuivre. Ces prostitués ont d'ailleurs tendance à vite se spécialiser dans cette activité qui leur rapporte un peu plus que celle de tanneur ou de fossoyeur.

Certaines familles eta qui ne parviennent pas à vendre leurs filles surnuméraires aux maison de geisha n'hésitent pas à les prostituer ouvertement et le plus tôt possible. En prenant bien garde de les chasser de leur quartier (mais en n'oubliant jamais de venir récolter leurs bénéfices…) ou de les placer à l'écart afin que la clientèle puisse avoir l'impression que la putain du moment est certes une eta mais pas aussi "impure" que ceux qui manipulent les cadavres ou les ordures…

Cependant, la plupart des gens préfèreront s'offrir les services sexuels d'un hinin (les saltimbanques, en particulier danseuses et acrobates, ont toujours un certain succès…) plutôt que de s'abaisser à ce genre de débauche. Dans la caste samurai, les abus sexuels envers les castes inférieures ne sont pas inconnus car comme dans bien d'autres domaines, la prééminence du samurai sur les individus des autres castes lui permet d'obtenir pas mal de choses en se contentant de les réclamer. Cependant, cela génère le plus souvent un certain nombre de rumeurs qui peuvent quelque peu ternir la réputation du samurai qui ne sait pas réfréner ses élans.

Toute liaison amoureuse est normalement interdite et punie de mort, d'exil dans un monastère ou en dehors du clan (ce qui fait du samurai un vulgaire ronin). Dans la caste heimin, les problèmes d'adultère ont tendance à être réglés de manière plus franche et brutale : le conjoint bafoué dénonce publiquement l'adultère (ce qui nuit à sa réputation mais bien plus à celle des amants) ou règle ça de manière violente et avec la tolérance silencieuse des autorités. Après tout, même les heimin ont le droit de défendre ce qui leur sert d'honneur quand il est aussi ouvertement piétiné.

Il arrive donc parfois qu'un samurai trop imprudent périsse bètement ou soit pris dans une altercation durant laquelle il aura l'avantage mais qui ternira définitivement sa réputation. Et il n'y a absolument rien de noble à devoir se défendre parce qu'on a été infidèle à son épouse et qu'on a été dénoncé par le père d'une fille de salle enceinte de vos oeuvres… sa parole ne vaut pas grand-chose, certes, mais vos amis eux savent que vous n'étiez pas chez vous l'autre soir… et votre seigneur le sait peut-être aussi.
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